Dicter un usage n’est pas web 2.0

Posted on 14 janvier 2011

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Origine de l’article

Suite à une discussion sur Twitter avec Isabelle Gruet, concernant les usages d’un outil à l’heure du web 2.0, il m’a été demandé d’étoffer mon argumentation (ben oui, en 140 caractères, c’est difficile). Voici donc, avec un peu de retard, le billet promis 😉

Un outil = des usages

Avec la démocratisation des outils sur le web, grâce à leur interface collaborative ou par l’implication de l’usager dans la construction de son compte, les usages associés à ces sites web tendent à se démultiplier.
En effet, chaque utilisateur a sa propre vision de l’outil, sa propre motivation à se l’approprier et à l’adapter à ses attentes. L’ouverture culturelle liée au partage d’information en ligne, de sa structuration conjointe se doit, selon moi, d’être poursuivie par une ouverture des outils employés.
De fait, l’arrivée massive d’API sur le web permet cette appropriation de l’outil, ce remodelage de l’idée du développeur en un outil plus adapté aux attentes de l’utilisateur.

A contrario, les outils qui s’engoncent dans une rigidité opérationnelle de l’outil, dictant un ou des usage(s) sans laisser la possibilité de réellement exploiter le site web comme désiré par l’usager tendent, dans un premier temps, à voir son nombre d’utilisateurs décroître et, finalement, par tomber dans l’oubli. On peut citer le cas de delicious, qui a été remodelé il y a peu, les multiples métamoteurs novateurs mais trop figés qui ont fini par décliner (comme Kartoo, par exemple) ou encore Bloglines.
Cette décrue du nombre d’usagers ne peut effictivement être imputée uniquement à la rigidité de l’interface, mais il est certain que cela aura eu un impact.

Facebook, Twitter, Amazon… ils ont compris

Les sites à fort trafic ont compris cette nécessité de calquer l’ouverture informationnelle à une souplesse liée aux usages possibles de l’outil. Que ce soit avec la possibilité de créer son propre client, la possibilité d’automatiser les tâches ou encore celle d’utiliser l’outil sans se connecter sur l’interface native du site web, la démocratisation liée au web social impacte sur les outils.

Netvibes, Pearltrees, Symbaloo… Ils n’ont pas (tout) compris

La modularité de ces sites web est, certes, efficace et permet de modeler son compte selon une structure plus personnelle (agencement des plugins dans Netvibes, l’agencement de perles dans Pearltrees, l’assemblage de sites par clusters avec Symbaloo). Néanmoins, cette modularité dans l’agencement des pages se réduit néanmoins à une rigidité : oui, on peut agencer la page comme l’on souhaite ; non, on ne peut pas adapter la machine et le code qui se trouvent derrière ces sites web.

S’assouplir ou casser ?!

Ainsi, les outils les plus rigides ont une fâcheuse tendance à s’acharner dans le désir de ses développeurs sans envisager les volontés du public. Ces derniers sont généralement éphémères et, souvent, c’est plus l’idée qu’il y avait en amont que l’outil lui-même qui est regretté.
Cette rigidité dans les applications semble être plus « web 1.0 » que web 2.0, limitant l’implication de l’utilisateur dans les résultats proposés par le site web. C’est pour cette raison que j’ai abandonné pearltrees, que netvibes m’insupporte et que symbaloo ne me plait pas réellement.

Un petit post-scriptum

Simplement pour dire qu’il s’agit évidemment d’une opinion personnelle, et qu’il est certain que nombre de lecteurs ne seront pas d’accord avec moi. Je suis ouvert à tout commentaire (bah oui, faut bien être web 2.0 😛 ). Et j’en profite pour faire un gros #FF à Isabelle Gruet et à remercier Mme Boukacem pour son cours d’analyse des usages qui m’a apporté pas mal d’arguments pour ce billet.

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Posted in: Recherche, Web, Web 2.0