Quittons un peu le principe de sérendipité pour se tourner un peu vers son contraire : la zemblanité.
Considérée comme le fait d’arriver systématiquement à des résultats inutiles & attendus, elle peut être assimilée à l’échec perpétuel.
Néanmoins, il apparaît que la zemblanité fait partie intégrante de nos systèmes d’enseignement : n’entendons-nous pas fréquemment que l’on apprend de nos erreurs ? Nos professeurs ne nous laissent-ils pas sur des pistes erronées, simplement pour nous confronter à un échec ?
Plus qu’un simple cheminement tronqué nous menant continuellement à des réponses tronquées, la zemblanité nous est utile : c’est elle qui nous motive à trouver des solutions autres, à sortir des sentiers battus, rejoignant sur ce point la sérendipité. Ainsi, bien que totalement opposées, ces deux notions peuvent nous mener au même point : l’innovation.
Qui plus est, il semble évident que seule la zemblanité trouve sa place dans un système éducatif : un enseignant — au sens générique du terme — peut “superviser” l’apprenant, tout en sachant que celui-ci est dans l’erreur. À l’opposé, on ne peut enseigner à la sérendipité.
La zemblanité, bien que trop souvent considérée comme exaspérante, est donc en fait un point positif, permettant aux plus réfléchis [1] de trouver de nouvelles voies de recherche, de se lancer sur les sentiers de … la sérendipité.
[1] Sur ce point, j’aime toujours la théorie du crapaud fou pour illuster la notion d’innovateur.
Madeleine
15 mars 2010
J’adore aussi la théorie des crapauds fous! C’est une réalité
! Jsuis désolée de ne pas laisser un commentaire plus profond, je m’investirai en temps et en paroles la prochaine fois, promis !
B. Majour
24 mars 2010
La sérendipité s’apprend aussi bien que la zemblanité
Si on peut apprendre la zemblanité, et si la zemblanité est le contraire de la sérendipité, alors en toute logique on obtient
Zemblanité = non sérendipité
Ce qui implique que
Non zemblanité = sérendipité !
L’un implique l’autre dans la relation qui les lie.
Ce qui explique, d’ailleurs, la zemblanité et son intérêt.
Si quelque chose ne marche pas dans un sens, il est intéressant d’utiliser le sens contraire.
Pousser une porte, ou tirer une porte.
Suivant les circonstances, les deux solutions permettent d’ouvrir une porte. Ou de sortir la main de la gueule d’un chien.
Quant à la sérendipité. Pour ceux qui ont lu le conte, ils comprendront qu’on a plus affaire à des Sherlock Holmes qu’à des gens qui trouvent la solution “par hasard”.
Personne ne trouve une solution par hasard.
Si vous cherchez une solution, alors vous êtes en éveil, vous êtes en recherche.
Aucun aveugle ou sourd ne peut trouver quoi que ce soit en restant enfermé chez lui.
Pas plus qu’en restant confiné à son seul champ de connaissances… Si on n’y trouve pas déjà la solution, c’est qu’elle n’y est pas, mais elle peut se cacher ailleurs, et on peut la ramener à son champ de connaissance.
Voilà pourquoi les gens cultivés (vraiment cultivés) ont plus de chances de trouver une solution par “hasard” (!), parce qu’ils restent curieux à tout, parce qu’ils gravitent autour de nombreux champs de connaissance… et qu’ils n’hésitent pas à s’aventurer au hasard vers ce qu’ils ne connaissent pas encore !
Si on peut appeler ça une aventure hasardeuse.
Ne tapez rien sur Google… et vous n’aurez pas de bouton “j’ai de la chance !” (pas plus que celui de “je n’ai pas de chance”
) )
Tout premier choix implique une direction.
Question : la sérendipité est-elle de rebondir dans les directions que l’on connaît ou de refuser systématiquement ce que l’on connaît, en considérant que c’est un échec.
Zemblanité, quand tu nous tiens…
Bien cordialement
B. Majour